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Cathédrale

Cathédrale

Une cathédrale s'entend comme une église dans laquelle est placé le trône de l'évêque du diocèse.

La cathédrale : église du siège de l'évêque

Le terme vient du grec καθέδρα (kathedra), qui signifie siège, d'où trône épiscopal. En ancien français, on retrouve le verbe «cathédrer» et le participe «cathédrant», qui veulent dire «siéger» et «siégeant» dans les écrits de Montaigne. Dans les églises primitives, le trône de l'évêque (cathedra) était placé au fond de l'abside, dans l'axe, comme le siège du juge de la basilique antique, et l'autel s'élevait en avant de la tribune, ordinairement sur le tombeau d'un martyr. L'évêque, entouré de son clergé, se trouvait ainsi derrière l'autel, isolé et dépourvu de retable ; il voyait donc l'officiant en face. Cette disposition primitive explique pourquoi, jusque vers le milieu du dernier siècle du Moyen Âge, dans certaines cathédrales, le maître-autel n'était qu'une simple table sans gradins, tabernacles ni retables. La plus grande église d'Europe, Saint-Pierre du Vatican, conserve encore le siège du prince des apôtres enfermé dans une chaire de bronze au fond de l'abside. C'était dans les églises cathédrales, dans ce lieu réservé à la cathedra, que les évêques procédaient aux ordinations. Lorsque ceux-ci étaient invités par l'abbé d'un monastère, on plaçait une cathèdre au fond du sanctuaire. L'église abbatiale devenait alors cathédrale. Le siège épiscopal était le signe et le symbole de la juridiction des évêques. La juridiction épiscopale était donc le véritable lien qui unissait la basilique antique à l'église chrétienne. La cathédrale n'est pas seulement une église appropriée au service du culte, elle conserve, et possédait bien plus encore durant les premiers siècles du christianisme, le caractère d'un tribunal sacré, et les cathédrales sont restées longtemps, jusqu'au , des édifices à la fois religieux et civils. On ne s'y réunissait pas seulement pour assister aux offices religieux, on y tenait aussi des assemblées de nature politique ; les considérations religieuses n'étaient cependant pas dépourvues d'influence sur ces réunions civiles ou militaires.

Histoires des Cathédrales

Le modèle des basiliques antiques

Moyen Âge

Jusqu'à la fin du , les cathédrales n'avaient les dimensions que nous leur connaissons aujourd'hui ; beaucoup d'églises abbatiales étaient beaucoups plus grandes. Jusqu'à cette époque, le morcellement féodal constituait un obstacle à la constitution civile des populations; l'influence des évêques était limitée par ces grands établissements religieux du . Propriétaires puissants, jouissant de privilèges étendus, seigneurs féodaux protégés par les papes, tenant en main l'éducation de la jeunesse et participant à toutes les décisions politiques, les abbés attiraient tout à eux : richesse et pouvoir, intelligence et activité. Lorsque les populations urbaines, instruites, enrichies, laissèrent paraître les premiers symptômes d'émancipation, s'érigèrent en communes, il y eut une réaction contre la féodalité monastique et séculière dont les évêques, appuyés par la monarchie, profitèrent avec autant de promptitude que d'intelligence. Ils comprirent que le moment était venu de reconquérir le pouvoir et l'influence que leur consentait l'Église, pouvoir concentré dans les établissements religieux. Ce que les abbayes purent faire pendant le , les évêques n'en auraient pas eu le pouvoir. Mais, au , l'épiscopat entreprit de reconstruire ses cathédrales ; il trouva dans les populations un concours si énergique qu'il pu vérifier la justesse de ses prévisions, comprendre que son temps était venu, et que l'activité développée par les établissements religieux, dont il avait d'ailleurs profité, allait lui venir en aide. Il est difficile aujourd'hui de donner une idée de l'empressement avec lequel les populations urbaines se mirent à élever des cathédrales. La foi avait certes son importance, mais il s'y joignait un instinct très juste d'unité et de constitution civile. Où voyons-nous les grandes cathédrales s'élever à la fin du ? A Noyon, Soissons, Laon, Reims, Amiens, Saint-Denis, villes qui toutes avaient, les premières, donné le signal de l'affranchissement des communes: dans la ville-capitale de l'Île-de-France, centre du pouvoir monarchique, Paris ; à Rouen, centre de la plus belle province conquise par Philippe Auguste. Mais, du point de vue architectural, c'est de celle de Senlis, l'archétype du genre, que toutes s'inspirent. L'alliance du clergé avec la monarchie ne tarda pas à inquiéter les barons ; saint Louis reconnut bientôt que le pouvoir royal ne faisait que changer de maître. En 1235, la noblesse de France et le roi s'assemblèrent à Saint-Denis pour limiter la puissance que les tribunaux ecclésiastiques s'étaient arrogée. En 1246, les barons rédigèrent un pacte d'union et nommèrent une commission des quatre plus puissants d'entre eux, pour décider dans quels cas le baronnage devait prendre fait et cause pour tout seigneur vexé par le clergé ; de plus, chaque seigneur s'était engagé à mettre en commun la centième partie de son revenu, afin de poursuivre activement le but de l'union. Au milieu de ces dangers, par sa conduite à la fois ferme et prudente, le roi sut contenir les prétentions du clergé dans des limites favorables à son pouvoir, et faire prévaloir l'autorité monarchique sur la féodalité. À partir de cette époque nous voyons ces constructions se ralentir, ou s'achever à la hâte, à moins vaste échelle, et s'atrophier pour ainsi dire. Faut-il attribuer cela à un refroidissement de la foi religieuse ? Probablement pas ; les quelques études des comptes montrent que les réserves faites par les évêques s'étaient épuisées, souvent en rachat d'immeubles autour des anciennes cathédrales, et dans le début de la construction de l'église. Celle-ci, n'étant plus alimentée que par des dons annuels et les excédents dégagés par les ressources du domaine de l'évêque, ralentissait donc. À la fin du , les chantiers de ces vastes constructions tardivement sorties de terre n'arrivèrent pas à leur développement final ; ils s'arrêtèrent tout à coup ; si les cathédrales furent achevées, ce ne fut plus que par les efforts personnels d'évêques ou de chapitres qui employèrent leurs propres biens pour terminer ce que la foi et la fougue de toute une population avaient permis de commencer. Rares sont les cathédrales qui aient été finies telles qu'elles avaient été projetées ; et cela se comprend : la période pendant laquelle leur existence est pour ainsi dire un besoin impérieux, l'expression d'un désir irrésistible, est comprise entre les années 1180 et 1240. Soixante ans ! Ce qui nous surprend aujoud'hui, c'est qu'en un temps aussi court on ait pu obtenir, sur un territoire aussi vaste, des résultats aussi surprenants ; car ce n'était pas seulement des manœuvres qu'il fallait trouver, mais des milliers d'artistes qui, la plupart, étaient des hommes dont le talent dans l'exécution des œuvres est pour nous aujourd'hui un sujet d'admiration. En dehors du domaine royal, le mouvement n'existe pas, et ce n'est que plus tard, vers la fin du , lorsque la monarchie eut à peu près réuni toutes les provinces des Gaules à la Couronne, que l'on entreprend la reconstruction des cathédrales. C'est alors que quelques diocèses remplacent leurs vieux monuments par des constructions neuves élevées sur des plans sortis du domaine royal. Mais ce mouvement est restreint, timide, et il s'arrête bientôt par suite des difficultés politiques du . À la mort de Philippe-Auguste, en 1223, les principales cathédrales comprises dans le domaine royal étaient celles de Paris, de Chartres, de Bourges, de Noyon, de Laon, de Soissons, de Meaux, d'Amiens, d'Arras, de Cambrai, de Rouen, d'Évreux, de Sées, de Bayeux, de Coutances, du Mans, d'Angers, de Poitiers, de Tours ; or tous ces diocèses avaient rebâti leurs cathédrales, dont les constructions étaient fort avancées. Si certains diocèses sont politiquement unis au domaine royal, et s'en reconnaissent vassaux, leurs cathédrales s'élèvent rapidement sur des plans nouveaux, comme celles de la France; les diocèses de Reims, de Sens, de Châlons, de Troyes en Champagne, sont les premiers à suivre le mouvement. En Bourgogne, ceux d'Auxerre et de Nevers, les plus rapprochés du domaine royal, reconstruisent leurs cathédrales ; ceux d'Autun et de Langres, plus éloignés, conservent leurs anciennes églises élevées vers le milieu du . Dans la Guyenne, restée anglaise, excepté Bordeaux qui tente un effort vers 1225, Périgueux, Angoulême, Limoges, Tulle, Cahors, Agen, gardent leurs vieux monuments. À la mort de Philippe le Bel, en 1314, le domaine royal s'est étendu : il a englobé la Champagne ; il possède le Languedoc, le marquisat de Provence ; il tient l'Auvergne et la Bourgogne parmi ses provinces. Montpellier, Carcassonne, Narbonne, Lyon, exécutent dans leurs cathédrales des travaux considérables et tentent de les renouveler. Clermont en Auvergne, cherche à suivre l'exemple. Les provinces anglaises et la Provence seules résistent . À la mort de Charles V, en 1380, les Anglais ne possèdent plus que Bordeaux, le Cotentin et Calais ; mais la sève est épuisée : les cathédrales dont la reconstruction n'a pas été commencée pendant le demeurent ce qu'elle étaient ; celles restées inachevées se terminent avec peine. Source : Viollet le Duc

Types particuliers de cathédrales

Viollet le Duc
- Une primatiale est la cathédrale d'un primat, archevêque ayant une juridiction théorique sur plusieurs provinces ecclésiastiques.
- Une concathédrale est une église qui exerce en indivis avec une autre la fonction de cathédrale d'un diocèse. On n'en connait que peu d'exemples, ceux de Sospel et de Forcalquier étant les plus connus.
- Une pro-cathédrale est une église assumant la fonction de cathédrale sans en avoir le titre canonique. Cet état de fait est dû à une indisponibilité de la cathédrale (en travaux voire en construction), indisponibilité qui peut se prolonger : en Corse la plupart des cathédrales ont été ruinés au et remplacées par des pro-cathédrales qui sont restées sièges épiscopaux jusqu'à la Révolution sans jamais obtenir le titre de cathédrale.

Acception commune

Dans la langue courante, on parlera de cathédrale pour tout édifice religieux chrétien de taille imposante. On ne parle pas spontanément de cathédrale pour celle de Créteil par exemple, qui est l'ancienne église paroissiale d'un village d'Île-de-France. On va même plus loin puisque la presse parle de mosquées-cathédrales pour les mosquées construites ou à construire dans les grandes villes de France.

Voir aussi


- Édifice religieux ~ Liste des évêchés et archevêchés français ~ Liste des cathédrales
- [http://www.cathedral.urban-exploration.com Galerie photo]
- [http://perrin.olivier.free.fr/Cathedrale%20Evry/index.html Galerie de photos sur la Cathédrale d'Evry] Catégorie:Architecture au Moyen Âge
-
ja:大聖堂 simple:Cathedral

Église

ja:教会 nb:Kirke simple:Church Catégorie:Église Eglise Eglise L’Église (du grec ekklesia, l'assemblée) a trois significations principales : Une communauté, une institution et un lieu de culte. Il convient de distinguer une église, édifice, d'une Église, communauté ou institution — en employant une majuscule pour la seconde uniquement.

Église (communauté)

Dans le Nouveau Testament, le mot Eglise désigne un groupe de Chrétiens qui se réunit plus ou moins régulièrement. En effet, la Bible ne désigne jamais un bâtiment ni un lieu de culte, comme c’est le cas aujourd’hui. Le sens de bâtiment n'apparaît qu'au 3ème siècle selon le dictionnaire Lidell-Scott. Nous trouvons une explication des pratiques de l’Église primitive en Actes 2 : :Régulièrement et fidèlement, les croyants écoutent l’enseignement des apôtres. Ils vivent comme des frères et des sœurs, ils partagent le pain et ils prient ensemble. Les apôtres font beaucoup de choses extraordinaires et étonnantes, et les gens sont frappés de cela. Tous les croyants sont unis et ils mettent en commun tout ce qu’ils ont. Ils vendent leurs propriétés et leurs objets de valeur, ils partagent l’argent entre tous, et chacun reçoit ce qui lui est nécessaire. Chaque jour, d’un seul cœur, ils se réunissent fidèlement dans le temple. Ils partagent le pain dans leurs maisons, ils mangent leur nourriture avec joie et avec un cœur simple. Ils chantent la louange de Dieu, et tout le peuple les aime. Et chaque jour, le Seigneur ajoute à leur communauté ceux qui sont sauvés. (Traduction : [http://www.la-bible.net/article.php?refart=pdv Parole de Vie] ) Dans son essence, l’Église est la communauté de tous les croyants de la Nouvelle Alliance unis par le lien de la foi et l'adhésion à Jésus-Christ. Cette Eglise spirituelle, en même temps que visible, représente le corps du Seigneur, dont on devient membre, selon le courant évangélique, en acceptant Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur de sa propre vie. Le baptême, qui symbolise le passage de la mort à la vie et, dans ce courant n'est donné qu'aux adultes professants, marque l'engagement véritable pour suivre la voie du Seigneur. L'Eglise est universelle parce que les enfants de Dieu de tous les pays et de tous les milieux en font partie (Ac 2.47; 9.31) et qu’elle comprend également tous les rachetés déjà recueillis auprès du Seigneur (Heb 12.22-23) si elle est en un sens invisible, elle est en même temps visible, car elle est incarnée sur la terre en des membres vivants et agissants, dont le monde doit constater l’amour fraternel, remarquer les bonnes œuvres, et entendre le fidèle témoignage (Jean 17.21; 1Pi 2.12; Php 2.15-16) elle est enfin aussi locale, car dans le N.T. la communauté chrétienne de chaque localité était considérée comme une Église, ce qui permet d’employer également le terme pluralité d’Eglises (Ac 8.1; 11.26; 13.1; 14.23, 27; 15.41; Ro 16.4-5; 1Co 7.17; 1Th 2.14). Aussi dans la Bible, Église peut désigner les chrétiens dans une ville, même s’ils se réunissent en plusieurs maisons (voir Philippiens 1.1 par exemple).

Église (édifice)

L'église est le principal édifice religieux de la paroisse, dans la religion chrétienne : les autres édifices sont généralement qualifiés de chapelles. L'église consiste en un bâtiment consacré à la prière des chrétiens, la messe est également dite dans l'église catholique, par le prêtre; comme le culte l'est dans l'église protestante, par le pasteur.

Rôle


- L'église siège d'un évêché est une cathédrale.
- Une église distinguée spécialement par le Saint-Siège reçoit le titre de basilique.
- Une église desservie par un chapitre de chanoines séculiers est une collégiale.
- L'église d'une abbaye est une abbatiale.
- Une chapelle est un lieu consacré destiné à un culte particulier : soit au sein d'une église (elle est alors destinée au culte d'un saint particulier, ou est réservée à une famille), soit au sein d'un bâtiment civil (chapelle de château, destinée à assurer un service pour les occupants du château), ou bien sur un lieu particulier, convenant à l'édification d'un lieu de culte (source miraculeuse, emplacement d'un miracle, tombeau d'un saint isolé).

Architecture

chapelle Voir l'article détaillé : Architecture religieuse au Moyen Âge Depuis les origines et jusqu'au 15ème siècle, dans tous les pays chrétiens, l'édifice de l'église était adapté à une prière communautaire dirigée vers l'Est (c'est ce qu'on a appelé l'orientation et c'est là l'origine de ce mot). Car l'attente du soleil levant (le Christ) est un trait essentiel de la prière et de la spiritualité chrétiennes. Aujourd'hui cette tradition est maintenue en Orient. En Europe occidentale, le style architectural des églises s'illustre en plusieurs périodes successives, dont voici les principales :

L'art roman

Il se reconnaît principalement par l'emploi de l'arc en plein cintre, qui forme un demi cercle parfait. Il utilise les techniques? et souvent les décors, héritées de l'Antiquité, d'où son nom. Son aspect est souvent massif, avec d'assez petites ouvertures et des murs épais parce que l'église romane est conçue pour être couverte de fresques, pour être utilisée la nuit (nombreuses vigiles non seulement monastiques mais aussi paroissiales) et pour être éclairée de lampes. L'art byzantin, en Orient, est une variante de l'art roman qui privilégie les plans centrés inspirés de la Grande Eglise (Sainte-Sophie de Constantinople). Il ignore le déambulatoire.

L'art gothique

Il se reconnaît par l'emploi de l'arc brisé, dont la clef de voûte forme un angle entre les deux arcs qui la composent. Il a surtout été utilisé pour la reconstruction des cathédrales. cathédrale Son aspect est plus svelte et élancé, grâce à l'emploi d'arcs boutants, qui permettent de reporter la poussée loin des murs, qui sont alors évidés pour faire place à de larges baies. Les façades s'ornent alors de splendides vitraux comme à la Sainte Chapelle, ou dans la Cathédrale de Beauvais, plus haute clef de voûte gothique, avec 48 mètres.

Autre période

Voir Réforme de Trente ~ Style néogothique

Voir aussi



Diocèse

Un diocèse est...
- dans l'Empire romain tardif (à partir de la Tétrarchie fondée par Dioclétien) une circonscription administrative regroupant plusieurs provinces et sous la responsabilité d'un vicaire, représentant civil de l'empereur ;
- dans l'Église catholique une circonscription religieuse. Placé sous l'autorité d'un évêque, un diocèse regroupe plusieurs paroisses. Plusieurs diocèses forment une province ecclésiastique ou encore une province métropolitaine, sous l'autorité d'un archevêque. Attention : évêché et diocèse ne sont pas synomymes.

Voir aussi


- évêque
- Province romaine
- Liste des évêchés et archevêchés français (Ancien Régime)
- Circonscriptions catholiques françaises au XIXe siècle
- Circonscriptions catholiques françaises depuis 2002
- Liste des diocèses et archidiocèses du Canada
- Évêchés de Bretagne Diocèse Catégorie:Institution de l'Église catholique Catégorie:Politique de la Rome antique Catégorie:Géographie de la Rome antique Catégorie:Division administrative

Grec


-
Le grec (ἡ Ἑλληνικὴ γλῶττα hê hellênikề glỗtta) est une des langues indo-européennes, apportée en Grèce entre le et le On traite ici du grec ancien, le grec moderne étant décrit dans un article séparé.

Les dialectes

À l'origine, il existait une grande variété de dialectes, regroupés en quatre groupes : arcado-cypriote, occidental, éolien et ionien-attique. Parler du grec ancien n'a pas grand sens si l'on veut se référer à un des idiomes antiques : dans les faits, cependant, le grec désigne le dialecte d'Athènes. L'attique (dialecte du groupe ionien-attique), langue de l'Athènes antique, est la langue dans laquelle est écrite la majorité de la littérature grecque classique. Sous l'influence d'Alexandre le Grand, l'utilisation des dialectes a été réfrénée, de sorte que le monde grec utilisât la koinè, langue commune (c'est le sens de l'adjectif koinos) issue de plusieurs dialectes du groupe ionien-attique. Celui-ci lui permettait de communiquer avec son armée et était enseigné aux habitants des régions conquises, devenant ainsi la lingua franca de l'Antiquité, en concurrence avec le latin. La koinè est ensuite devenue langue officielle de l'Empire romain d'Orient, avant de continuer d'évoluer pour donner naissance au grec moderne d'aujourd'hui. Pour une étude comparative des différents dialectes, consulter Dialectes grecs.

Écritures

La première forme d'écriture attestée pour noter un dialecte grec est le linéaire B, un syllabaire sans rapport avec l'alphabet grec, servant à transcrire une forme archaïque d'un dialecte arcado-cypriote utilisé en Grèce continentale et en Crète entre environ -1550 et -1200. Entre -800 et -200, une écriture proche, le syllabaire cypriote, a été utilisée à Chypre. Ce syllabaire pourrait descendre du cypro-minoéen (voir plus bas). Il faut noter que des écritures plus anciennes que le linéaire B et le cypriote ont existé en Grèce, sans qu'on soit sûr qu'elles ont servi à noter du grec :
- le linéaire A (entre -1800 et -1450, en Crète et dans des îles égéennes) ;
- le crétois hiéroglyphique (entre -1750 et -1600, en Crète) ;
- le cypro-minoéen (entre -1500 et -1200, à Chypre), peut-être dérivé du linéaire A. C'est ensuite l'alphabet grec, hérité des Phéniciens et de leur alphabet, qui a été utilisé sous différentes versions (dites épichoriques) à partir du ou du puis a été normalisé et imposé au reste du monde hellénophone par Athènes en -403. En ajoutant des voyelles à cet abjad sémitique, les Grecs sont les inventeurs des alphabets occidentaux. En effet, emprunté par les Étrusques (cf. Alphabet étrusque), qui l'ont transmis aux Romains, il a donné naissance à l'alphabet latin, mais aussi, sans passer par les Étrusques, à l'alphabet gotique, au cyrillique, à l'alphabet copte… L'histoire de l'alphabet grec constitue un article séparé.

Phonologie

Consulter Prononciation du grec ancien pour un article complet. Résumé :
Le grec ancien est une langue à accent de hauteur possédant deux (ou trois, selon les interprétations) intonations : aiguë et circonflexe (cf. Accentuation du grec). Il se caractérise aussi par un système de consonnes aspirées et par un jeu d'oppositions de quantités vocaliques. Il existe plusieurs règles de sandhi, tant internes qu'externes. En passant de l'indo-européen au grec, la langue a subi de nombreuses modifications phonétiques dont les plus flagrantes sont décrites par la loi de Grassmann, la loi d'Osthoff et la loi de Rix. On note d'autre part qu'il permet de restituer dans de nombreux cas la coloration des laryngales IE. Enfin, c'est une langue centum.

Morphologie

Le grec, comme d'autres langues indo-européennes anciennes, est hautement flexionnel. Outre l'utilisation de désinences, le grec se caractérise par des procédés hérités de l'indo-européen comme l'alternance vocalique, l'utilisation du redoublement et de l'augment pour les verbes.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons du grec ancien. Par exemple, les noms possèdent cinq cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif et datif), trois genres (masculin, féminin et neutre, parfois réduits à un opposition animé / inanimé) et trois nombres (singulier, duel, pluriel et collectif pour les neutres). Le grec moderne n'utilise plus le datif, excepté dans quelques expressions comme en taxei, mais les autres cas sont généralement conservés. On compte trois grands types de déclinaisons, tant pour les noms que les adjectifs (type en -α/η, type thématique en -ος et type athématique), lesquels possèdent plusieurs sous-types. Les pronoms suivent un système qui leur est propre et qui, ayant influencé les types nominaux, n'en sont pas très éloignés. La richesse de la flexion nominale en fait la complexité.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons du grec ancien. Les verbes ont trois voix (active, moyenne et passive), trois personnes et trois nombres. Il se conjugue selon six modes, quatre personnels (indicatif, impératif, subjonctif et optatif) et deux impersonnels (infinitif et participe). Il existe six temps (présent, imparfait, aoriste, futur, parfait, plus-que-parfait), répartis de manière inégale entre les modes. Certaines formations secondaires existent, comme le futur antérieur. Outre le temps, le verbe exprime surtout, de manière très précise, trois aspects (imperfectif, aspect zéro et statique) et plusieurs modes de procès (inchoatif, itératif, fréquentatif, etc.). Seul l'indicatif marque les temps : à tous les autres modes, ce n'est que l'aspect qui est indiqué. Il existe deux grandes catégories de conjugaisons : les thématiques (ou verbes en -ω) et les athématiques (dits verbes en -μι). Ces catégories se divisent en un grand nombre de sous-catégories. Le système verbal est très complexe car la flexion met en œuvre de nombreux procédés comme l'alternance vocalique, la suffixation par le jeu de désinences, l'utilisation d'une voyelle thématique, celle de l'augment et du redoublement. À tous ces procédés s'ajoutent des modifications phonétiques importantes au sein d'un même paradigme. En sorte, il n'est presque pas exagéré de dire qu'il existe plus de verbes irréguliers que de réguliers.

Influence du grec ancien sur les langues modernes

Mots savants et radicaux grecs

Un grand nombre de mots en latin, français et anglais, pour ne citer que ces langues, sont d'origine grecque et la majorité des néologismes savants utilisés de par le monde est bâtie sur des radicaux grecs (souvent mêlés de radicaux latins). Seuls quelques langues, comme l'islandais de manière systématique et, dans une moindre part, l'allemand, n'utilisent pas ces radicaux mais traduisent par calque les termes savants grecs au moyen de radicaux qui leur sont propres.

Mots courants

Des mots comme boutique, caractère ou beurre viennent aussi du grec. Passés par le latin et hérités comme tel dans la langue française (via d'autres langues, comme l'occitan), ils ont subi les mêmes modifications phonétiques que les autres mots hérités et sont maintenant très éloignés de leur étymon grec : il faut reconnaître derrière chacun d'entre eux ἀποθήκη apothếkê, χαρακτήρ kharaktếr et βούτυρον boúturon.

Le dédale synchrone du cosmos politique

Voici, pour illustrer l'omniprésence du grec dans les langues occidentales, un extrait d'un texte de Xénophon Zolotas (Ξενοφών Ζολώτας) dans lequel chaque mot (hormis les mots-outils) est d'origine grecque : :« Sans apostropher ma rhétorique dans l’emphase et la pléthore, j’analyserai elliptiquement, sans nul gallicisme, le dédale synchrone du cosmos politique caractérisé par des syndromes de crise paralysant l’organisation systématique de notre économie. Nous sommes périodiquement sceptiques et neurasthéniques devant ces paroxysmes périphrasiques, cette boulimie des démagogues, ces hyperboles, ces paradoxes hypocrites et cyniques qui symbolisent une démocratie anachronique et chaotique. Les phénomènes fantastiques qu’on nous prophétise pour l’époque astronomique détrôneront les programmes rachitiques, hybrides et sporadiques de notre cycle atomique [...] ».

Divers


- code ISO 639-2 : grc

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
  - dialectes grecs;
  - déclinaisons du grec ancien ;
  - conjugaisons du grec ancien 
  - phonologie du grec, accentuation du grec ;
  - alphabet grec, diacritiques de l'alphabet grec, lettres supplémentaires de l'alphabet grec et histoire de l'alphabet grec ;
  - grec moderne ;
- littérature grecque.

Liens externes


- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81 Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://www.lorem-ipsum.info/_greek Générateur de texte aléatoire grec] en plus de l'habituel lorem ipsum.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec-français/français-grec
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec_ancien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec ancien-français/français-grec ancien als:Griechische Sprache ja:ギリシア語 ko:그리스어 ms:Bahasa Greek simple:Greek language th:ภาษากรีก

Abside

Catégorie:Architecture religieuse Catégorie:Architecture religieuse L'abside est la partie qui termine le chœur d'une église, soit par un hémicycle, soit par des pans coupés, soit par un mur plat. L'abside située à l'arrière du chœur est généralement orientée vers l'est. Bien que le mot abside ne doive rigoureusement s'appliquer qu'à la tribune ou cul-de-four qui clôt la basilique antique, on l'emploie aujourd'hui pour désigner le chevet, l'extrémité du chœur, et même les chapelles circulaires ou polygonales des transepts ou du rond-point. On dit : chapelles absidiales, c'est-à-dire chapelles ceignant l'abside principale. Abside carrée : la cathédrale de Laon, l'église (ancienne cathédrale) de Dol (Bretagne), sont terminées par des absides carrées, ainsi que beaucoup de petites églises de l'Île-de-France, de Champagne, de Bourgogne, de Bretagne et de Normandie. Il existe aussi des absides de forme rectangulaire. Certaines églises ont leurs croisillons terminés par des absides semi-circulaires, tels sont les transepts des cathédrales de Noyon, de Soissons, de Tournai en Belgique ; des églises de Saint-Macaire, près de Bordeaux; de Saint-Martin de Cologne, toutes églises bâties pendant le ou au commencement du XIIIe. XIIIe (.) Source générale : Viollet le Duc On utilise le terme absidal pour ce qui se rapporte à l'abside. Une absidiole est une petite abside qui termine une nef latérale, tandis que l'abside ferme la nef centrale ou grandenef. Voir aussi :
- Glossaire de l'archéologie
- Chapelle absidiale

Autel


- L'Autel, une constellation ;
- l'Autel d'Aphrodite Ourania ;
- l'Autel des Douze Dieux.
- l'autel est le lieu sur lequel est célébré un office religieux.

Martyr

---- :Martyr est aussi un groupe de musique, voir Martyr (groupe). ---- Martyr (groupe) ]] Un martyr (du grec ancien μαρτυς,-ύρος martus, « témoin ») est celui qui consent à aller jusqu’à se laisser tuer pour témoigner de sa foi, plutôt que d’abjurer. Il doit être différencié du martyre qui est l’acte même de mise à mort ou les tourments infligés.

Références scripturaires

Le mot a été utilisé pour la première fois dans un sens religieux par l’auteur des Actes des Apôtres :
« Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » (1:8)
« Il faut donc que, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous, depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il y en ait un qui nous soit associé comme témoin de sa résurrection. » (1:21–22)
Dans le sens de « témoin et victime », le mot est utilisé dans l’Apocalypse dans l'adresse à l’Église de Pergame, puis lors de l'ouverture du cinquième sceau :
« Tu retiens mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même aux jours d’Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure. » (2:13)
« Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu. » (6:9)
Peu à peu, le mot « martyr » garda uniquement ce sens.

Doctrine

L’Évangile indique l’attitude à adopter face à la persécution : « Si l’on vous persécute dans une ville, fuyez dans une autre ». Il ne s’agit pas de rechercher le martyre de manière quasi suicidaire, par provocation. En même temps, il n’y a pas de plus bel amour que celui de mourir pour ses amis : le martyre est un idéal et une grâce. Celui qui est acculé au martyre (ayant p.ex. le choix entre un geste de reniement ou de profanation ou la confession de sa foi) doit l’accepter comme une grâce ; ceux qui « trébuchent » sont appelés lapsi et ne peuvent être réintégrés dans l’Église qu’au terme d’une période de pénitence. Le Christ a promis aux martyrs l’inspiration des paroles qu’ils devront prononcer et la force pour subir leur supplice, à l’image de celui de la Croix. Le martyre est un « baptême sanglant ». Celui qui meurt ainsi, même non baptisé, a ses péchés pardonnés et il obtient ipso facto la béatitude céleste. Dès lors, le martyr peut devenir un intercesseur. (Dans l’Antiquité, certains futurs martyrs emprisonnés ont joué ce rôle de leur vivant, ce qui n’était pas sans poser des problèmes). Seuls les martyrs en communion avec l’Église ou exprimant in extremis le désir de l’être (comme saint Hippolyte) méritent ce titre et obtiennent cette grâce. Les victimes hérétiques ou schismatiques des persécutions (donatistes p.ex.) ne sont pas vénérées comme des saints et l’Église ne se prononce pas sur leur salut. L’Église commémore le natale (jour de la naissance au Ciel) des martyrs et, en général, des saints ; le calendrier qui rappelle ces occurences est appelé Martyrologe.

Martyrs célèbres

Pour les chrétiens, le premier martyr (ou protomartyr) est saint Étienne, lapidé par ses auditeurs à Jérusalem, en présence de Saul, connu comme saint Paul. Parmi les apôtres de Jésus-Christ, beaucoup sont réputés avoir subi le martyre, tel saint Pierre, crucifié la tête en bas, ou saint Barthélemy, écorché vif. L’Empire romain connut plusieurs époques de persécution contre les chrétiens. On reprochait particulièrement à ceux-ci leur refus de sacrifier au culte de l’Empereur et de servir dans l’armée. Le règne de Dioclétien connut la dernière, mais aussi la plus importante de ces persécutions de l'Antiquité. Le siècle qui connut le plus grand nombre de martyrs chrétiens est le (communisme ; nazisme ; guerre civile espagnole, etc.). Il y a eu des martyrs à toutes les époques de l'histoire, certains étant plus ou moins bien documentés. Une des maximes de l'hagiographie est que « probablement, tous les Saints du calendrier n'ont pas existé ou n'ont pas accompli ou subi tout ce qui est rapporté » mais aussi que « tous les martyres n'ont pu être relevés officiellement et tous les Saints ne sont pas notés dans le calendrier » ; la fête de Tous les Saints (Toussaint, ) célèbre cette foule de noms connus ou inconnus. Parmi les martyrs célèbres :
- sainte Blandine, martyre à Lyon en 177 (livrée aux taureaux dans un cirque) en compagnie de saint Pothin
- saint Laurent, martyrisé en 258 (supplice du gril)
- Catherine d'Alexandrie, martyrisée au (supplice de la roue). Les martyrs sont usuellement représentés tenant une palme dans une main, symbole du martyre, et dans l’autre main l'objet de leur supplice. Les œuvres d'art plastique sont multiples ; les martyrs ont aussi été célébrés par la musique et, plus encore, par la littérature : récits de passions, hymnes (celles de saint Ambroise et de Prudence, Peristephanon, p.ex.), etc.

Par extension

Par extension, le mot désigne celui qui est torturé et/ou tué pour une cause ou un idéal. Il est parfois soumis à des dérives :
- On a parfois parlé de « martyrs du III Reich », terminologie contestée par un article du Monde mentionnant qu’on ne peut parler de « martyr » lorsque la seule caractéristique réelle de la victime est d’avoir eu le malheur de croiser le chemin de son bourreau.
- Dans le Coran, est nommé « martyr » ou « chahid » celui qui est tué dans une opération liée à la propagation de l’islam. Il est précisé en certains passages que l’appellation se justifie à condition qu’il ait lui-même au préalable, ou en même temps, tué. C’est cette terminologie qui est adoptée par un groupe comme Al-Qaida. Il importe donc lorsqu’on utilise ce mot de préciser quelle acception exacte on lui donne. Le martyr est distinct du martyre, qui est le nom donné au supplice subi par le martyr. Au Moyen Âge, la forme « martre » était également utilisée. On la retrouve dans « Montmartre », le « mont des martyrs ».

Martyrs de l'histoire


- Spartacus, esclave rebelle, crucifié
- Jésus, crucifié
- William Wallace, facteur de la libération de l'Écosse, pendu et écartelé
- Jeanne d'Arc, source de la libération de la France, brûlée
- Jean Moulin, héros de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, torturé à mort
- De nombreux saints (comme par exemple Saint Laurent, supplicié sur le gril)

Voir aussi

Articles connexes


- Religions et violence
- Attentat-suicide | kamikaze
- Djihad

Liens externes

Catégorie:Doctrine chrétienne Catégorie:Histoire du christianisme Catégorie:Religion ja:殉教

Clergé

Le clergé est le terme qui désigne les différentes institutions d'une religion. Il n'y a donc pas un clergé, mais plusieurs, en fonction des différentes mouvances religieuses.

Évolution des clergés

Catholicisme

L'Église catholique de l'Ancien Régime était constituée de plusieurs « clergés » mais tous se distinguaient des laïcs. Le clergé bénéficiait du privilège du for ecclésiastique, c'est-à-dire qu'il ne pouvait être jugé que par un tribunal ecclésiastique. Cette situation créa des abus car certaines professions (universités) furent assimilées au clergé.

Les clergés

Le clergé peut se distinguer entre clergé régulier – qui suit la règle d'un ordre religieux – et clergé séculier – qui vit dans le « siècle », c'est-à-dire dans la société. On peut également distinguer le haut clergé, les prélats : pape, cardinaux, évêques et archevêques, abbés, prieurs, et le bas-clergé : prêtres, frères convers, etc. Le clergé est un ordre organisé au sein du royaume dans la société d'ancien régime. nnn

Clergé et États généraux

Le clergé constitue l'un des trois ordres des États généraux avec la noblesse et le tiers état.Ces trois ordres sont la société de Loyseau. Il pouvait cependant arriver que des ecclésiastiques fussent élus dans d'autres ordres, surtout dans le tiers état. Modalités d'élection Le vote aux Etats-Généraux se faisait par ordre, et non "par tête". On avait donc la majorité par 2 voix contre 1 uniquement.(Exemple : Le clergé et la noblesse faisaient souvent passer leur décision commune contre l'avis du Tiers-Etat alors que celui répresentait 97% de la population.

Aire culturelle occidentale

Christianisme


- Anglicanisme (Communion anglicane)
  -
- Catholicisme
  - Pape
  - Cardinaux
  - Archevêques
  - Évêques
  - Prêtres
  - Diacres
  - Abbés
  - Prieurs
  - Moines et Moniales
- Orthodoxie orientale
  - Popes
- Protestantisme
  - Pasteurs
  - Prédicateurs laïcs
  - Anciens ou conseillers presbytéraux
  - Diacres
  - Évêques
  - Synodes

Islam


- Chiisme
  - Taleb
  - Ayatollah
  - Mollah
- Sunnisme
  - Imam
  - Muezzin

Judaïsme


- Cohen
- Rabbin
- Chantre

Aire culturelle orientale

Bouddhisme


- Theravada
- Chan ou Zen

Taoïsme

Brahmanisme


- Brahmane

Chamanisme et Animisme

Voir aussi


- Religion
- Cultes
- Discipline ecclésiastique
- Monachisme
- Ordres religieux
- Constitution civile du clergé, bulle Clerici laicos Catégorie:Religion

Moyen Âge

Le Moyen Âge occidental est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge en 476, à la déposition du dernier empereur romain d'Occident par un chef barbare et il s'achève en 1453, avec la prise de Constantinople et la chute de l'Empire romain d'Orient, ou en 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la fin de la Reconquista en Espagne. Le terme « Moyen Âge » a été inventé par Flavio Biondo de Forlì. En français, l'adjectif correspondant à Moyen Âge est médiéval. Moyenâgeux, quant à lui, est péjoratif. L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ». péjoratif

Précisions lexicales

Les limites exactes du Moyen Âge font l'objet de débats entre historiens. Les différentes périodes de l’Histoire ont eu des significations précises et pleines de sens à un moment donné, mais qui, au fil du temps, sont devenues des conventions. Le terme « Moyen Âge » provient d’une expression latine « medium aeuum » qui désigne une période intermédiaire entre deux événements. Exemples : entre-deux-guerres, interrègne. Cette expression classique est reprise au par les humanistes et notamment par Pétrarque (« prince des humanistes ») en 1373. Elle possède à ce moment deux significations :
- Acception philosophique désignant une opposition entre le latin classique et le médio latin, le latin du Moyen Âge. Ce dernier doit être rejeté pour revenir au latin de l’Antiquité, qui, lui, est plus pur.
- Sens culturel et artistique désignant une opposition entre l’art antique et celui du Moyen Âge, art appelé au « art gothique ». Pour les humanistes, le Moyen Âge est une période barbare entre deux autres périodes d’Antiquité. Ils préconisent la pureté antique. La diffusion de ce terme est assez lente et se fait dans un premier temps chez les intellectuels, car il est en latin. Par après, il perdra progressivement de sa connotation négative. Au (vers 1640), le terme sera employé en français et il sera dès lors grandement diffusé. En 1687, Christophe Keller est le premier à périodiser l’histoire dans son petit manuel d’histoire, Histoire du Moyen Âge depuis le temps de Constantin le Grand jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs donc, du au . Pour lui, le terme n’a aucune connotation négative. Au , il se répand dans toute l’Europe cultivée. En 1798, il entre dans le dictionnaire de l'Académie française sous la définition « temps qui s’est écoulé depuis Constantin jusqu’à la renaissance des Lettres au ». Au , il se répand partout même dans la langue commune pour plusieurs raisons :
- l'installation de l’enseignement primaire obligatoire ;
- le développement du romantisme ;
- le développement de la philosophie et de l’Histoire dans les universités, principalement en Allemagne : Monumenta Germaniae Historia. Le est couramment appelé « siècle de l’Histoire ». Notre notion de critique historique est le fruit d’une démarche allemande. Au , l’engouement pour le Moyen Âge diminue. Ce terme a été exporté des frontières de l’Europe et désigne actuellement une période dans la vie d’une société, à savoir un certain degré de société caractérisé par une société agraire dominée par une caste de guerriers. Par exemple, au Japon, la culture de riz dirigée par les samouraïs, eux-mêmes dirigés par les shoguns jusqu’au milieu du où commence l’ère Meiji.

Quelles limites pour le Moyen Âge ?

Limites extrêmes

ère Meiji] Afin de découper l'histoire en périodes cohérentes, les historiens ont tenté de s'appuyer sur des événements majeurs illustrant ou provoquant une modification profonde de la politique et de la société. Mais il est rare qu'il y ait un consensus sur telle ou telle date pour définir une limite de période. C'est le cas en ce qui concerne les limites du Moyen Âge, particulièrement son commencement. Les plus communément admises vont de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, jusqu'à 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la chute de Grenade (fin de la Reconquista). Mais d'autres dates repères sont possibles, pour le début du Moyen Âge :
- le déménagement de la capitale de l'Empire romain de Rome à Constantinople (330) marque le début de sa division ;
- la conversion de l'empereur Constantin I au christianisme — survenue à sa mort, en 337 – annonce le triomphe de cette religion aux dépends du paganisme antique ;
- la bataille d'Andrinople (378) sanctionne l'avènement de la cavalerie lourde et le déclin des troupes d'infanterie, marquant ainsi le commencement d'un millénaire de supériorité de la cavalerie sur l'infanterie ;
- la reconnaissance par Théodose du christianisme comme religion d'État (396), qui correspond également à la date de la séparation entre l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient, qui survit au Moyen Âge ;
- le sac de Rome par les Wisigoths d'Alaric Ier (410) marque la supériorité des envahisseurs barbares. envahisseurs barbares] Ces différentes options indiquent combien une césure événementielle claire est difficile à trouver pour marquer le début du Moyen Âge : par certains traits, l'Empire romain avait déjà fortement changé avant la fin de l'Antiquité. Par exemple, les empereurs du abandonnent la toge et les tuniques classiques, adoptant les braies des légionnaires, majoritairement d'origine celte ou germanique. C'est également au que l'amphore est abandonnée pour le tonneau, bien plus économique. Enfin, c'est à cette époque que nombre de peuples barbares deviennent fédérés, établissant des relations durables avec le monde romain. L'Empire romain avait donc déjà perdu certains caractères antiques. L'unité politique, monétaire, linguistique et culturelle du monde romain sur le grand territoire que représente la Méditerranée a subi trois disloquations: # sur l'axe Est-Ouest, puisque la division d'abord uniquement administrative de l'Orient et de l'Occident est devenue très politique; # sur l'axe Nord-Sud, puisque les Vandales, puis les Arabes conquièrent l'Afrique du Nord; # interne, puisque l'Europe se scinde en plusieurs entités nationales. Aussi, certains historiens – en premier lieu l'historien allemand A. Riegl au début du – ont repoussé la limite d'une période dénommée « Antiquité tardive » (Spätantike), en mettant justement l'accent sur la permanence de traits caractéristiques de la fin de l'Antiquité jusqu'au règne de Charlemagne. Une telle conception s'est d'abord imposée chez les historiens des « franges » du monde romain, où sa pertinence était plus évidente. À l'inverse, en France, il fallut attendre 1977 avec Henri-Irénée Marrou (dans Décadence romaine ou Antiquité tardive ?) pour qu'on s'interroge sur l'utilité d'une telle période, notamment pour mettre fin à l'appellation péjorative de « Bas Empire ». Et aujourd'hui encore, histoire ancienne et médiévale se partagent la connaissance des temps qui vont du au . Pour la fin du Moyen Âge, d'autres dates que 1492 ont été proposées, mais fondamentalement elles ne remettent pas en cause la limite supérieure de la période :
- la chute de Constantinople (1453), qui est la fin de l'Empire byzantin et l'entrée de l'empire ottoman (turc) sur l'échiquier européen (utilisée en histoire de l'art surtout) ;
- l'invention de l'imprimerie à caractères métalliques mobiles par Gutenberg (1456), dont aurait découlé une révolution culturelle selon Marshall McLuhan dans La Galaxie de Gutenberg (privilégiée par l'historiographie allemande)
- la promulgation par Martin Luther de ses 95 thèses (1517), qui marque les débuts de la Réforme qui fera voler en éclats la relative unité religieuse de l'Occident médiéval. La fin du Moyen Âge est également marquée par l'instauration d'États ultra-centralisés gouvernés par les grandes monarchies: ;France: François I (1515-1547) ;Espagne: Charles Quint (1515-1555) ;Angleterre: Henri VIII (1509-1547) ;Empire ottoman: Soliman le Magnifique (1520-1566)

Découpages internes

Soliman le Magnifique] Le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge. Cependant, les historiens proposent d'autres découpages :
- Régine Pernoud (1) : Le Haut Moyen Âge (de la chute de l'Empire romain à Charlemagne), l'époque carolingienne, l'âge féodal (milieu du à la fin du ) et le Moyen Âge pour les et s.
- Jacques Le Goff (2) : L'Antiquité tardive (jusqu'au ), le Moyen Âge central (An Mil-1348, la Grande Peste) et le Moyen Âge tardif (guerre de Cent Ans-Réforme).
- Ivan Gobry (3) distingue le Moyen Âge ancien (du au ), pendant lequel les peuples se déplacent ainsi que les frontières. C'est aussi la période d'expansion des Francs, avec l'apogée de l'empire de Charlemagne (800-814). Puis arrive le Moyen Âge récent ( au ) au cours duquel ont lieu la Reconquista en Espagne, la constitution puis l'effondrement de l'État Plantagenêt et l'affirmation de la dynastie capétienne.
- Robert Fossier (4) : Les Mondes Nouveaux (350-950), l'Eveil de L'Europe (950-1250) où les influences du monde byzantin et musulman demeure prépondérant dans l'occident chrétien qui se cherche et qui construit la féodalité , puis Le Temps des Crises (1250-1520) de la perte des possessions en Terre Sainte aux Guerres de Religions en passant par la conquête du Nouveau Monde. Il en ressort que l'appréciation de ces limites est fortement liée aux références géographiques ou thématiques de l'historien. Cependant, la distinction d'une période centrale qui s'étendrait des environs de 1000 jusqu'à la grande épidémie de peste en 1348 paraît pertinente en raison de la permanence de traits de civilisation majeurs et de l'avènement d'une société fortement structurée, prospère et en expansion dans l'Occident d'alors. L'expression « civilisation médiévale » (s'agissant de l'Occident et sans autre précision) correspond à cette période. Voir aussi : Antiquité tardive

Principales caractéristiques de l'Occident médiéval

Antiquité tardive

La royauté médiévale

À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple. Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi des Francs à partir de 752). Et surtout, le roi du Moyen Âge gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque.

La vassalité

pape]] La vassalité existait déjà pendant le Haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du . La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un legs (le plus souvent une terre ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple). Il jure, sur les saintes écritures ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.

Les progrès techniques


- Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne.
- L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
- Les rendements s'améliorent à partir de 1000 grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue.
- La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes.

La ville

charrue
- La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles.
- La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste).
- Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).

L'éducation et la culture


- Au temps de Charlemagne (mort en 814), la renaissance carolingienne entend restaurer le latin classique. L'abbaye de Saint-Martin de Tours constitue l'un des foyers de cette renaissance, et grâce à l'action d'Alcuin. La caroline est mise au point pour faciliter l'écriture. L'empereur s'attache à réformer les écoles. On y apprend les arts libéraux.
- Les monastères sont pendant longtemps les dépositaires de la culture écrite au Moyen Âge. La règle bénédictine impose en effet aux moines le travail intellectuel : les copistes travaillent à la production des livres dans les scriptoria. Les écoles monastiques sont cependant concurrencées par les écoles épiscopales au , puis par les universités au . Voir l'article détaillé : Éducation au Moyen Âge.
- Dès le , la scolarisation des enfants se développe dans les villes, y compris celle des filles (auparavant l'enseignement était réservé aux clercs). Éducation au Moyen Âge

La guerre

Éducation au Moyen Âge
- Le Moyen Âge central est l'âge de la chevalerie, marqué par la supériorité de la cavalerie sur l'infanterie. Le service armé, appelé ost, fait partie des obligations du vassal envers son seigneur.
- À la fin du Moyen Âge, les armes de tir (arc long anglais, puis armes à feu) annoncent la fin de la chevalerie.
- Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du . Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne).

L'art


- L'art médiéval est essentiellement un art religieux : aux églises romanes succèdent les grands chantiers des cathédrales gothiques.
- L'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques.
- Voir aussi : mobilier médiéval

La religion chrétienne

Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle l'idéologie de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté. Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome. La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — lÉglise en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife. Cette évolution est lente (V – ) et se heurte à de nombreux obstacles :
- en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église catholique, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et doivent triompher des hérésies (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du — Rome de disparition). Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726843). Au , la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème. Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
- Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine. Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du ), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs. Lorsque l'Empire chrétien renaît en occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au , et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du – premier tiers du ) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures. Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique. Au , enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses. Le pape Innocent III applique lors de son « règne » ((11981216)) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les
Dictatus Papae (1075). L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge. Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence. Au haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise. À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé épiscopal est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée. Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la simonie, le nicolaïsme, et enfin contre les hérésies. Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (13691415), etc. À partir du , la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains. Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du ), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (12271241), aux guerres hussites, etc. Enfin, un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illétrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au , y sont conservées et pénétrées par le christianisme. À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au , les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion. L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge ( – ) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté. Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.

La société

La société du haut Moyen Âge est essentiellement rurale et caractérisée à tous les niveaux par l'existence de liens de dépendances personnelles. Ces derniers, qui se sont substitués à l'ordre public, prolongent pour une part le clientélisme antique et relèvent d'autre part d'une conception chrétienne nouvelle de l'ordre social. Notamment, l'esclavage est interdit par l'Église : le servage occupe la place qu'il laisse vacante et le même mot qui désignait l'esclave antique (
servus) désigne à travers le serf médiéval des conditions sociales très différentes. Notamment, le serf n'est pas juridiquement un bien meuble, propriété de son maître, mais un homme dépendant d'un seigneur. Aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale, les relations entre les hommes libres sont caractérisées par les liens de vassalité : le vassal doit aide et conseil (auxilium et consilium) à son suzerain, c'est-à-dire à l'homme auquel il a prêté serment de fidélité. De tels liens impliquent un certain nombre de devoirs, au nombre desquels le plus important est, à l'origine (sur le modèle carolingien du ), le service militaire dû au suzerain (l'ost) : les chevaliers (milites) sont des nobles. En parallèle, le vassal reçoit quant à lui un fief (beneficium) de son suzerain : il s'agit le plus souvent du droit de jouir d'une terre, mais parfois, plus souvent à la fin du Moyen Âge, d'une bourse ou d'une rente. Le fief, dont les lointaines origines se trouvent dans les charges ou honneurs conférés par le souverain carolingien à ses compagnons d'armes, tend à devenir héréditaire au . Ces liens de dépendances ont pour conséquence principale une forte hiérarchisation sociale. Différents critères divisent également la société médiévale :
- d'ordre moral ; selon les conceptions du clergé, la société idéale est composée de trois ordres qui se distinguent par le mode de vie : les moines, les clercs et le reste des laïcs. Au sein de ces derniers, l'Église distingue encore ceux qui sont mariés de ceux qui sont vierges.
- D'ordre fonctionnel ; à la précédente division se superpose du jusqu'au une autre division tripartite : elle rassemble le clergé et les moines : « ceux qui prient » (
oratores), la noblesse (nobiles) : ceux qui combattent (bellatores, pugnatores) et le peuple : « ceux qui travaillent » (laboratores). :Avec l'essor urbain, à partir du , une nouvelle classe, la bourgeoisie, se développe au sein du peuple : elle tire son nom des « bourgs » nouvellement créés, où vivent ses membres, et rassemble essentiellement les riches artisans (notamment les bouchers) et des rentiers.
- D'ordre juridique ; les seigneurs (
domini) se caractérisent par le fait qu'ils détiennent le « pouvoir de juger et de contraindre » (le pouvoir banal, ou ban) les hommes de leur seigneurie (le terme désigne à la fois le pouvoir lui-même et le lieu ou les personnes auxquels il s'applique). S'y attachent un certain nombre de privilèges : le droit de lever l'impôt directement (la taille), d'exiger des corvées, le droit de moudre le grain et de cuire le pain, le droit de péage, etc. Les seigneurs ne doivent pas être confondus avec la noblesse : les abbayes et l'Église constituent également de grandes seigneuries (voir seigneurie ecclésiastique). :Au sein du peuple, dans les campagnes, les hommes libres qui exploitent un alleu ou une tenure (terre attribuée contre un loyer) coexistent avec les serfs (servi) : la dépendance juridique, sociale et économique de ces derniers par rapport à leur seigneur possède un caractère héréditaire (servage personnel), ou bien ce caractère est lié à la terre qu'ils exploitent (servage réel). :Toutefois, les contraintes exactes qui pèsent sur les hommes de la seigneurie varient selon la région et selon l'époque considérées. :Au départ expression d'un lien personnel très fort entre Loire et Rhin, le servage y devient progressivement le signe d'une condition sociale inférieure. :À partir du , des chartes de franchises octroyées aux villageois permettent la constitution de ces derniers en « commune » et l'accession de serfs au statut d'hommes libres. Ce phénomène s'explique d'abord par de nouveaux défrichements (fondation d'essarts, de bastides, etc.), pour lesquels les seigneurs ont besoin de bras, quitte à renoncer à une partie de leur ban. Il touche en premier lieu les grands centres de peuplement, puis les villages voisins.
- D'ordre économique ; avec l'affaiblissement des derniers Carolingiens, les princes se sont accaparés la majorité des terres. Aussi, à la fin du , le roi est moins riche que les grands féodaux qui entretiennent de nombreux vassaux et frappent leur monnaie. À la fin de la période féodale, l'essor urbain et les progrés techniques bouleversent l'ordre social : au début du , le sort économique de la bourgeoisie est plus enviable que celui que connaissent les hommes libres des campagnes reculées. Notamment, comme pour l'ensemble de la population urbaine, la dépendance de cette nouvelle classe à l'égard des seigneurs est bien moins importante que dans les campagnes ; toutefois, le développement du commerce avec les grandes foires médiévales permet à une riche paysannerie d'émerger dans les campagnes.

Voir aussi

Articles connexes


- [http://fr.wikisource.org/wiki/Textes_m%C3%A9di%C3%A9vaux Textes médiévaux dans Wikisource]
- Liste des articles sur le Moyen Âge
- Le musée national du Moyen Âge (Paris - Thermes et hôtel de Cluny) ~ Troubadour

Articles traitant de sujets médiévaux

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Musées et collections du Moyen Âge


- The Cloisters, à New York
- Musée national du Moyen Âge (hôtel de Cluny), à Paris
-
ja:中世 simple:Middle Ages


Retable

Catégorie:Architecture religieuse Le retable est une construction verticale qui porte des décors sculptés en arrière de la table d'autel. L'étymologie du mot traduit d'ailleurs sa position (re- : « en arrière »). autel par Van Eyck.]] Il est fréquent qu'un retable se compose de plusieurs volets, deux pour un diptyque, trois pour un triptyque voire davantage pour un polyptyque. Les églises ci-dessous possèdent des retables célèbres :
- Gand : retable des frères Van Eyck
- Lostanges en Corrèze
- Notre-Dame de Kerdévot à Ergué-Gabéric : retable anversois La table d’autel est le symbole du Christ, et dans la liturgie chrétienne primitive il était interdit d’y poser quoique ce soit.
Au une autorisation pontificale admet l’exposition d’une chasse sur les autels latéraux. À la fin du on plaçait une paroi surélevée et historiée derrière les autels latéraux. Avec la Réforme et la nouvelle pratique du mystère de l’eucharistie s’ouvre la possibilité de mettre un retable derrière le maître autel, le haut clergé n’était plus derrière mais devant le maître autel.

Composition d’un retable

Depuis le , l’intérieur de la huche et de la face correspondantes des volets est partagé en compartiments verticaux comportant des reliefs sculptés qui sont couronnés par des décors architectoniques finement taillés. Le revers des volets ou portes est pourvu de panneaux peints. Jugeant que la manipulation des volets était trop lourde, leurs sculptures intérieures furent de plus en plus souvent remplacées par des peintures. Les retables de commande de la fin de l’époque gothique sont pourvus d’une double paire de portes ; l’intérieur de la première est occupé par des reliefs sculptés tandis que l’extérieur forme, avec l’intérieur des secondes portes, un polyptyque peint que l’on peut également fermer.
La caisse d’un retable est toujours de forme rectangulaire. Depuis la fin du , la travée centrale est surélevée. L’encadrement profilé de la huche évolua cependant vers l’accolade. Le contour des volets fermés épouse étroitement celui de la partie antérieure de la caisse.

Usage

Le revers des volets était fréquemment peint en grisaille, couleur apparentée aux périodes liturgiques de pénitence pendant lesquelles les retables restaient fermés. Ce n’est que pendant certaines époques de l’année liturgique – les cycles des grandes fêtes religieuses et les jours de fête du patron d’une église ou de celui d’une guilde ou corporation qui possédait un autel – que les retables restaient ouverts ; l’éclat de l’or et de la polychromie contribuait à accentuer la signification de la commémoration ou de la fête liturgique.

Fabrication

Au l’exécution d’un retable était une entreprise qui engageait diverses personnes. En premier lieu, le huchier qui confectionne la caisse et l’ébéniste qui réalise la menuiserie décorative ; ensuite, l’imagier taille les reliefs d’après un modèle livré par un peintre ; suivent le polychromeur et le doreur qui étoffe le tout ; ils sont payés davantage que le sculpteur ou le peintre parce qu’ils travaillent la coûteuse feuille d’or ; finalement le peintre livre les panneaux peints des volets. Au début du XVIIe siècle, naît un nouvel élément de décor intérieur d'église : le retable de tuffeau et de marbre qui fera la renommée des architectes lavallois dans tout l'Ouest de la France.

Bibliographie


- Ateliers de retabliers Lavallois aux XVII et XVIIIè siècles : Etudes Historiques et Artistiques. par Jacques Salbert. Presses Universitaires de Rennes. 1976.

Voir aussi


- Benozzo di Filipuccio

Apôtre

Lecture traditionnelle

On nomme apôtres - du grec apostolos, « envoyé » - les douze disciples choisis par Jésus-Christ dont les Évangiles nous disent qu'ils l'accompagnaient de son vivant et ont témoigné de sa résurrection. Ils sont également listés dans le livre des Actes des Apôtres. Ils sont plusieurs fois désignés de façon collective comme les Douze. Ils sont douze, comme les mois de l'année, comme les douze tribus d'Israël, comme les signes du zodiaque européen ou du calendrier chinois, certaines representations durant la france romane, representent d'ailleurs les apôtres comme des animaux, entourant un Jesus éclairant de son auréole, tel le soleil.

Institution des Douze

Les évangiles de Matthieu, Marc et Luc racontent la vocation de ces douze disciples privilégiés et donnent leur liste de la façon suivante :

Matthieu

:« Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité. :Voici les noms des douze apôtres. Le premier, Simon appelé Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu, le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ; Simon le Cananite, et Judas l'Iscariot, celui qui livra Jésus. » (Mt 10:1-4)

Marc

:« Voici les douze qu'il établit: Simon, qu'il nomma Pierre; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre; André; Philippe; Barthélemy; Mathieu; Thomas; Jacques, fils d'Alphée; Thaddée; Simon le Cananite; et Judas Iscariot, celui qui livra Jésus. » (Mc 3:16-19)

Luc

:« En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Quand le jour parut, il appela ses disciples, et il en choisit douze, auxquels il donna le nom d'apôtres: Simon, qu'il nomma Pierre; André, son frère; Jacques; Jean; Philippe; Barthélemy; Matthieu; Thomas; Jacques, fils d'Alphée; Simon, appelé le zélote; Jude, fils de Jacques; et Judas Iscariot, qui devint traître. » (Lc 6:12-16)

Jean

En ce qui concerne Jean, s'il ne rapporte pas cet épisode précis et ne donne pas de liste exhaustive des douze, il n'en est pas moins explicite quant à leur nombre et au nom d'au moins sept (+1) d'entre eux : :« Jésus donc dit aux douze: Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? Simon Pierre lui répondit: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu. Jésus leur répondit: N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze? Et l'un de vous est un démon! Il parlait de Judas Iscariot, fils de Simon; car c'était lui qui devait le livrer, lui, l'un des douze. » Jean 6:67-71 :« Thomas, appelé Didyme, l'un des douze, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. » Jean 20:24 En fin le livre de l'Apocalypse indique : :« La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l'agneau. » Apocalypse 21:14 De même que le nombre de douze peut être contesté si, négligeant les textes ou ce nombre (et lui seul) apparaît associé au terme apôtres on adopte une lecture symbolique, il subsiste une incertitude sur le nom exact de l'un d'entre eux : soit Judas (non pas l'Iscariote) soit Thadd